vendredi 22 mai 2009

La Halde publie son rapport annuel sur les discriminations

La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) vient de publier son rapport annuel 2008.
On y apprend notamment que le nombre de réclamations a augmenté de 25% entre 2007 et 2008, 50% d'entre elles concernant l'emploi.
En 2005, l'année de la création de la Halde, 1500 requêtes lui avaient été envoyées, contre 7788 en 2008. D'après Louis Schweitzer, le président de la Halde, cela montre que les gens connaissent de mieux en mieux leurs droits et ne se résignent pas face aux discriminations subies.
Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le rapport ici.

vendredi 15 mai 2009

Faut-il proscrire le protectionnisme ?

L'un des effets positifs de l'acceptation du concept de "crise économique", c'est que des théories délaissées en période de prospérité sont de nouveau étudiées et que la réflexion intellectuelle, particulièrement sur l'économie et la société, s'en trouve relancée.

L'un des thèmes qui est réapparu lors de cette crise, c'est celui du protectionnisme, cette doctrine qui consiste à favoriser son marché intérieur en limitant les importations.

La tentation est grande en effet, dans un gouvernement démocratique, de vouloir fermer les frontières en temps de crise. C'est une mesure extrêmement démagogique, puisqu'elle se base sur l'instinct de rejet de l'étranger. En se dédouanant des économies étrangères, on devrait être capable d'influencer plus efficacement l'économie intérieure aux états et donc sortir de la crise.

Cette vision de l'économie est clairement fausse, et seuls les gouvernements à court de vraies solutions en viennent à ce genre de pratique.

Mais faut-il pour autant fustiger le protectionnisme avec la fougue des analystes de Bretton Woods ou les responsables du G20? Faut-il renoncer à tout protectionnisme sous prétexte qu'il est utilisé souvent à mauvais escient?

L'idée de base du protectionnisme peut paraître étrange dans un monde globalisé comme le nôtre. Si une grande structure peut fabriquer de grandes quantités à faible coût et l'exporter à d'autres grandes structures qui fabriqueront d'autres produits en échange, pourquoi vouloir limiter ces échanges, il est vrai extrêmement fructueux?
Mais les raisons qui soutiennent l'idée d'un protectionnisme sont assez simples à comprendre. D'une part, des petites structures agglomérées sont certes moins efficaces que des grosses structures réparties globalement, mais elles sont aussi moins sensibles aux différentes aléas économiques. La crise des subprimes n'a touché l'économie mondiale que parce que les centres financiers, puis les centres économiques, étaient inter-dépendants à l'échelle mondiale. Et les pays dont les groupes financiers principaux ont moins de produit à l'export, comme la France ou la Russie, ont été beaucoup moins touchés que des pays très ouverts sur le plan financier, comme l'Espagne ou l'Irlande.

D'autre part, pour une même valeur ajoutée produite, un ensemble de structures à grande échelle consomme plus de ressources qu'une multitude de petites structures. Ces ressources sont à la fois des ressources naturelles, des ressources intellectuelles et des ressources humaines. Certes, une usine en Chine fabriquant 500 poupées à la seconde consomme moins de ressources que cinq cents usines réparties dans le monde produisant 1 poupée à la seconde. Mais le passage de la poupée de Chine à sa consommatrice un peu partout dans le monde est extrêmement coûteux. Ce coût implique bien sûr le transport, mais aussi et surtout tous les services nécessaires, de la mise en place des transports aux gestion des marchés et des devises jusqu'à la publicité et la légalisation de la vente.

Enfin, les libre-échanges internationaux sont extrêmement désavantageux pour les producteurs primaires et secondaires. C'est pour cette raison que l'Union Européenne applique des restrictions importantes aux importations agricoles, restrictions qu'elle interdit d'ailleurs aux pays émergents avec lesquels elle commerce.

Bien sûr, il est aujourd'hui impossible de transformer toute l'économie globalisée en économie locale, et c'est justement pour cela que le protectionnisme modéré, qui oblige une reconsidération de l'économie sans interdire les échanges à grande échelle, doit être étudiée au niveau mondial. Quitte à accepter un ralentissement temporaire de l'économie mondiale.

vendredi 17 avril 2009

Merci Franprix !

Que ce soit voulu (prise de conscience) ou forcé (je n'ai plus de boulot), on entend souvent en ce moment que la crise est peut être l'occasion de changer deux ou trois choses dans notre mode de vie, de consommer moins et mieux, d'aller à l'essentiel en arrêtant d'entasser des tas se choses chez soi. Certains, et on les comprend, se sont tout de suite scandalisés, disant que c'était une insulte aux pauvres, qui n'ont pas d'autre choix pour se nourrir que d'aller acheter des pâtes et du riz chez Lidl. En effet, quand on a de faibles revenus et une famille à nourrir, pas question d'aller au marché, en tout cas pas au marché des Enfants-Rouges dans le Marais... Mais il semblerait que certaines choses aient changé et qu'on ne soit plus forcé d'être riche pour manger bio. Depuis plusieurs semaines, les supermarchés Franprix ont lancé une gamme bio, avec des prix tout à fait abordables. Lait, fromages, fruits et légumes, tous les rayons de la chaine ont vu débarquer des produits bio. Facilement identifiables grace à leurs étiquettes vertes, on peut presque prendre ces produits les yeux fermés, les prix étant très proches de ceux de la marque Franprix.

Pour l'équitable abordable on attendra peut être encore un peu (est ce que ça n'est pas de toute façon antinomique ?) mais, si l'on est sensible au bio, on peut désormais s'y mettre sans se ruiner !

samedi 11 avril 2009

Nous resterons sur terre

Nous resterons sur terre, nouveau film ayant pour but de nous faire prendre conscience d'une catastrophe écologiste annoncée, n'apporte malheureusement pas d'arguments convaincants. De belles images, les commentaires de sages reconnus (Edgar Morin, Mikhaïl Gorbatchev, etc.) mais l'argumentation tient uniquement sur les images chocs.
Joli film, mais le sujet aurait mérité d'être traité plus en profondeur.

samedi 4 avril 2009

Propositions concrètes pour consommer mieux :

  • Acheter moins de fruits et légumes au supermarché, et davantage au marché (et pourquoi pas pour la viande, le poisson, le fromage, etc.) ;
  • Consommer de préférence des fruits et légumes de saison ;
  • Privilégier les fruits et légumes qui ne viennent pas de l'autre bout du monde ;
  • Acheter des vêtements, chaussures, etc. de bonne qualité, qui ne seront pas usés après cinq utilisations ;
  • Pour les produits que vous ne tenez pas absolument à posséder, ou dont vous ne vous servirez qu'une fois (DVD, livres, etc.), louer plutôt qu'acheter.

Et la responsabilité sociale des citoyens ?

Depuis plusieurs années, on parle de plus en plus de la responsabilité sociale des entreprises. Il s'agit de demander aux entreprises de prendre en compte l'impact social et environnemental de leurs activités, et de faire en sorte que leurs activités n'aient pas des conséquences négatives sur ceux avec lesquels elles interagissent (fournisseurs, clients, riverains des usines, etc.).

De plus en plus, des groupes de personnes, des associations, demandent aux entreprises d'être plus "responsables", et essaient faire punir celles qui ne le font pas, soit par la voie légale, soit en incitant les consommateurs à ne plus acheter leurs produits.

Demander des comptes aux entreprises, c'est essentiel, mais les consommateurs dans tout ça, n'ont-ils pas un rôle à jouer ?

Si les entreprises produisent des biens et services, c'est parce qu'ils vont être consommés, parce qu'elles ont capté une demande de la part de clients potentiels. Et si les biens ou services ne sont pas achetés, alors l'entreprise mettra rapidement la clé sous la porte.
Chaque jours, nous faisont des actes d'achat. Nous utilisont notre carte bien bien plus souvent que notre carte d'électeur. Par ce que nous en faisons, nous faisons chaque jour entendre notre voix aux entreprises et à la société. En cela, nos actes d'achats ne sont pas anodins.

Si nous souhaitons que le monde soit meilleur, que les enfants cessent de travailler et que notre planète soit moins polluée, nous avons mieux à faire que de pester contre les multinationales.
Pour les entreprises, faire les choses de manière responsable, cela coûte de l'argent. Cela coûte plus cher de fabriquer des chaussures en France qu'en Chine ; cela côute également plus cher de payer correctement ses salariés que de les exploiter. Cela, chacun en conviendra. Il y a plus de chances (même si ça ne guaranti rien) qu'une paire de chaussures à 60 € ait été fabriquée dans de meilleures conditions qu'une paire de chaussures à 10 €. Pourtant, ces chaussures à 10 €, nous continuons de les acheter. Parce que cela permet d'en avoir plus, d'en changer plus souvent. Et puis, direz-vous, tout le monde n'a pas les moyens de les acheter, ces chaussures chères. Sauf qu'elles s'useront plus vite et qu'il faudra les renouveller plus souvent. 6 paires de chaussures à 10 € dans l'année, cela ne sera pas moins cher qu'une seule paire à 60 €.
Et mon plaisir, direz-vous alors ! Cela me fait plaisir de pouvoir acheter des vêtements, des chaussures, je travaille dur pour m'offrir ce plaisir !
Certes, celà demande de faire des efforts, de réfléchir avant d'acheter, de refuser quelque chose qui nous tente, parce qu'on pense que ça n'a pas forcément été fabriqué dans des conditions idéales. Mais est-ce que parce quelque chose demande des efforts ou peut entrainer une frustration qu'il ne faut pas le faire. Le sacro-sain plaisir du consommateur, à qui, en échange de quelques euros, rien n'est refusé !

En outre, comment savoir si un bien a été produit dans des conditions justes? En se renseignant, en lisant des magazines pour consommateurs. Bien sûr, cela prend du temps de s'informer. Mais est-ce que ça ne doit pas nous prendre du temps d'être des citoyens ? Est-ce que nous ne prenons pas le temps de la réflexion avant de voter ? Alors pourquoi pas avant d'acheter ?
Par ailleurs les entreprises, poussées par des groupes de consommateurs, sont de plus en plus transparentes sur leurs activités. Elles publient des rapports annuels, entreprennent des démarches telles que la publication de l'empleinte CO2 des produits (initiatives mise en place récemment par l'enseigne Casino).
Enfin, des groupes de consommateurs se font le relais de bonnes pratiques ou de pratiques plus discutables et ont créé des sites Internet tels que celui du collectif de l'Ethique sur l'Etiquette, ou plublient des rapports tels que celui du WWF sur les entreprises du luxe. C'est, vrai, si l'on décide de cesser d'acheter des vêtements fabriqués en Chine, c'est très difficile, puisque des tas de grands distributeurs se fournissent quasi exclusivement auprès de sous-traitants chinois.

Aujourd'hui encore, malgré l'émergence de tous ces groupes de consomma'cteurs, de décroissants, etc., les consommateurs semblent pour la majorité d'entre eux, schizophrènes. Il veulent vivre dans un monde idéal, mais ne sont pas prêts à renoncer à leur plaisir.
Or, si l'ont veut que les entreprises agissent mieux, on doit le leur faire savoir par nos achats de tous les jours. Et pour consommer mieux, c'est dur à entendre, peut-être allons nous devoir consommer un peu moins.

jeudi 26 mars 2009

Investir... Pour quel avenir?

Le terme "développement durable" est devenu très à la mode ces derniers temps, et est employé, comme tant d'autres expressions, uniquement pour sa connotation et nullement pour son sens profond. Au mieux, quelques intellectuels mettent en avant l'incohérence entre la signification sémantique et la vision réductionniste du terme par le grand public, puisqu'un dévéloppement durable signifie une croissance et une transformation sur le long terme.

Mais on ne trouve pas, ou si peu, de réflexions qui nous cadrent temporellement ce "durable"? Qu'en est-il de cette durée, de ce temps qui nous intéresse ici? Va-t-on considérer durable ce qui survit à la journée, au siècle ou au million d'année?

La question peut sembler n'être qu'une réflexion d'intellectuel éthéré, mais sa répercussion dans le quotidien de chacun est réel.
Ainsi des groupes pétroliers possèdent-ils des politiques de développement durable qui voient rarement plus loin que 10 ou 20 ans. On peut continuer à utiliser le pétrole et à pomper les réserves durablement, les conditions dans 15 ans ne seront pas changées et l'on peut se taxer de responsable. Certes, dans 50 ans Paris sera sous les eaux et les énergies manqueront si l'on ne tue pas un tiers de la population, mais cela est en-dehors de la notion de durabilité de ces groupes.

L'exemple des pétroliers est loin d'être isolé. Les politiques européennes en matière d'agriculture et d'énergie sont encore plus myopes. Pour elles, un politique est durable si elle tient jusqu'au prochain sommet concernant ce dossier. L'exemple des quotas de pêche est particulièrement significatif: si la ressource existe encore dans 5 ans, on autorise un quota élevé, et l'on avisera alors. Et si, comme dans le cas du thon de Méditerranée, les effectifs sont en-dessous du seuil de survie à ce moment-là, ce sera aux équipes suivantes de se débrouiller...


Dès lors, la question se pose: qu'appelle-t-on durable? Peut-on se permettre de ne voir qu'à court terme, ce qui risque de nuire à ce que l'on veut préserver, ou entrevoir une politique sur le long terme, qui a plus de chance de tomber caduque en raison d'événements futurs?

On est tenté de répondre: "Cela dépend du domaine." Cette réponse n'est pas suffisante, car tout, de la culture du petit pois en Mongolie à l'étalement urbain de Yaoundé en passant par les effectifs des ours du parc de Yellowstone, est lié. Les ressources, en particulier les ressources biologiques, et les phénomènes sociaux présentent une grande variabilité dans leur temps de renouvellement, mais les plus longs sont influencés par les plus courts, et il faut une considération globale de l'avenir pour permettre un développement vraiment durable.

Que voulons-nous vraiment? Une société qui dure encore quelques années, jusqu'à notre mort, jusqu'à celle de nos enfants ou jusqu'à la fin de notre civilisation? Voulons-nous que nos enfants connaissent la diversité biologique et le confort que nous connaissons, ou voulons -nous offrir un cadre de vie au moins aussi bon que celui que nous avons tant qu'il y aura des Hommes?

Soyons honnêtes: aussi durables que nous voulions être, jamais nous ne pourrons assurer un développement durable jusqu'à la fin de l'humanité. Nous passerons le flambeau en espérant le meilleur pour la succession, mais ne pouvons rien assurer. En revanche, nous pouvons nous sacrifions pour les générations que nous côtoierons. Pas seulement nos enfants, mais aussi nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants. Ce n'est pas à l'échelle de la décennie qu'il faut penser le développement durable, mais à l'échelle du siècle.

Et cela, hélas, ne semble pas être la vision des politiques actuelles, tant gouvernementales que privées, qui ne visent que les quelques années qui suivent...

E.G.E.